jeudi 2 mai 2013

Ne m'oubliez pas


Mon nom n’a pas d’importance mais pour vous peut-être, j’aurais préféré ne pas être né, je suis un chat, rien qu’un chat comme ils disent, je m’appelle Karaya…

Je suis né un beau matin de mai, ma maman était toute blanche, avec mes frères et sœurs nous étions heureux, puis à peine un mois et demi après, on m’a emmené, je ne savais pas que ça serait mon dernier voyage… le voyage vers l’enfer !

Je suis arrivé dans un lieu qui sentait la mort, la peur et la souffrance, des centaines d’animaux étaient là, de toute sorte, on m’a jeté dans une cage et on m’a laissé là sans manger, sans boire pendant plusieurs jours, pour tester ma résistance ont-il dit !

Je pleurais, j’avais la peur au ventre mais je n’entendais que « ah il n’est pas encore mort celui là ? »

Puis le début de mon long calvaire a commencé, on m’a pris sans ménagement et on m’a ouvert le crâne et implanté des choses à l’intérieur, sans m’anesthésier, j’ai tellement eu mal que j’ai perdu conscience, quand je me suis réveillé, j’avais une douleur à rendre fou dans la tête, et je me suis rendu compte que je ne voyais plus que d’un œil… l’autre avait été enlevé, du sang coulait encore goutte à goutte.


Je les entendais qui disait « Il est résistant celui là, il n’est pas mort au bout de 10 mn comme les autres »

On m’a donné à manger, je pouvais à peine marcher, je marchais dans mes excréments, je sentais mauvais, mais je ne pouvais faire ma toilette, je n’avais plus la force.

Quelqu’un est venu me prendre et j’ai senti une immense douleur, un choc a parcouru tout mon petit corps, et de nouveau j’ai perdu conscience, mais peu de temps car le choc a recommencé, encore et encore, pendant des heures.


Jeté à nouveau dans ma cage, ma torture n’était pas terminée, on m’a mis des produits dans l’œil qui me restait, j’avais mal, ça piquait, des produits comestiques qui rendent les femmes plus belles il parait, je les ai entendu rire quand ils ont vu que j’essayais d’enlever ça de mon œil.

Il fait nuit, j’ai peur, j’ai mal, j’ai froid, mon petit cœur ralenti, je sais que je n’en ai plus pour longtemps, je regarde dans la cage à côté, un pauvre chiot, dans un pire état que moi à qui on a greffé une patte au milieu du ventre, avec le crâne ouvert plein d’électrodes, et qui gémit doucement. Un chiot qui a été élevé pour ça…

Je ne vous demande qu’une chose, ne m’oubliez jamais, moi, le chat de laboratoire, faites que ceci n’arrive plus jamais…

KARAYA, le chat de laboratoire

© Marie BOIGNÉ
Présidente de Chats Angevins Sans Famille
http://www.chatsangevinssansfamille.fr
http://www.facebook.com/Chats.Angevins.Sans.Famille

Aucun commentaire: